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Le samedi 19 janvier 2002

Un prêt de 50 millions à Hyperchip par Investissement Québec


Jacques Benoit
La Presse

Photothèque La Presse

Richard Norman, président et cofondateur d'Hyperchip.

La fabrication du routeur de nouvelle génération d'Hyperchip pourra commencer dès la fin de l'année, grâce entre autres aux 70 millions de dollars additionnels que vient de réunir l'entreprise, dont 50 millions sous la forme d'un prêt par Investissement Québec.

Conçu à Montréal, cet appareil complexe, compatible avec les architectures existantes, permettra d'augmenter jusqu'à 1000 fois la capacité actuelle des réseaux optiques d'Internet.

«Hyperchip est en train de définir ce que sera l'Internet du futur, grâce à des systèmes efficients et de grande performance», a affirmé son président et cofondateur, Richard Norman, au cours de la conférence de presse donnée vendredi à ce sujet.

Richard Norman avait à ses côtés la vice-première ministre et ministre d'État à l'Économie et aux Finances, Pauline Marois, aux yeux de laquelle il est sage d'investir dans une société telle qu'Hyperchip, malgré les difficultés qu'a traversées le secteur des télécommunications.

«Si on revient à l'essentiel, a-t-elle déclaré, c'est une industrie qui connaîtra une croissance exponentielle dans les années à venir.»

Installée boulevard René-Lévesque Ouest, l'entreprise a un effectif de 280 personnes en ce moment, lequel doublera d'ici trois ans. Et en comptant ceux qui seront aussi créés chez ses fournisseurs québécois, en raison de l'accroissement des activités d'Hypechip, c'est quelque 600 emplois qui s'ajouteront dans ce secteur de pointe, selon Mme Marois et l'entreprise.

Il existe déjà des routeurs, explique le directeur du marketing d'Hyperchip, Alain Bourget, sauf qu'ils ont été conçus pour répondre uniquement aux besoins des entreprises. Et non à ceux des grands réseaux publics. Celui auquel travaille Hyperchip, lui, est destiné à ces réseaux.

«Le marché a un besoin absolu de ce produit. Et nous aurons du succès», a prédit pour sa part son chef de la direction, Brian Barry, ex-président et chef de la direction d'Ericsson Canada.

De la taille... d'une très grosse boîte de carton, le nouveau routeur, qui utilise des puces fabriquées par IBM à Bromont, est pensé comme «un jeu de Lego», explique Alain Bourget.

«Vous commencez par un bloc, et vous en ajoutez d'autres peu à peu, au besoin», dit-il, la capacité maximale à laquelle on peut le porter ainsi étant 1000 fois plus élevée que celle des routeurs existants. Il ajoute: «On peut aussi le comparer à un aéroport. Dans un aéroport, plus vous avez de portes d'embarquement, plus il peut y avoir d'arrivées et de départs.»

Prix prévu: entre 2 et 3 millions de dollars le système, selon la capacité et les options, «comme pour les automobiles», notait de son côté son vice-président, développement des affaires, Remi Makhoul.

Le prêt

Le prêt à Hyperchip par Investissement Québec est au «taux du marché», a déclaré, sibyllin, Jean Larivée, vice-président principal, financement, d'Investissement Québec, qui n'a pas voulu être plus précis.Les versements seront étalés sur trois ans, et le prêt offre à Investissement Québec la possibilité de prendre dans Hyperchip une participation devant représenter au plus 20% du montant total du prêt, au cours de 88 cents US l'action.

Enfin, Investissement Québec aura désormais un représentant au conseil d'administration d'Hyperchip, laquelle, avec l'apport de ce dernier financement, a réuni jusqu'ici la somme imposante de 220 millions.

«Déjà, plus de 75% du trafic Internet en Amérique du Nord passe par des systèmes optiques qui ont été fabriqués au Québec», a enfin rappelé vendredi son chef de la direction, Brian Barry.



 



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